Un couple qui discute dans le métro.
L’HOMME: Non.
LA FEMME: Écoute moi s’il te plaît.
L’HOMME: Non, c’est bon, j’ai pas envie de parler d’argent.
L’homme tourne la tête. La femme va s'asseoir. La femme regarde l’homme mais l’homme fixe son regard dans l’autre direction. Une minute passe en silence.
L’HOMME: Excuse-moi.
LA FEMME: ...
L’HOMME: Excuse-moi, c’est bon, tu sais que ça m’énerve, je suis à bout, je suis désolé... S’il te plaît...
La femme se lève et rejoint l’homme.
L’HOMME: Je ne pensais pas que ça allait foirer comme ça, que ça allait me péter à la gueule et nous éclabousser. J’avais de l’espoir, tu comprends? Pour nous! J’en peux plus d’habiter dans 20m2, de monter sept étages matin et soir, de passer ma vie dans le métro. J’en peux plus d’avoir une seule fenêtre pour rêver et d’être en permanence hanté par le bruit du frigo... C’était ma chance ce boulot, c’était notre ticket de sortie. Parce qu’il ne faut pas te faire des illusions, je n’ai pas des entretiens tous les jours et encore moins pour un boulot en province... En province! Il paraît que là-bas tu te réveilles bercé par le bruit des oiseaux... Pas des pigeons comme ici, de vrais oiseaux... Parfois je me dis qu’à Paris il n’y a que des pigeons, une ville entière peuplée de pigeons... Pigeon vole! Et pendant ce temps ils rigolent bien en province, ils nous laissent croire qu’on est des rois, qu’on a de la chance d’habiter la capitale, et comme ça ils sont certains qu’on ne viendra pas les déranger dans leurs petites vies bien tranquilles, dans leurs grandes maisons individuelles avec jardin garni! On est leurs esclaves... Des esclaves avec des boulots d’intellos, c’est ça le progrès! Rien que des cons avec un grand C majuscule comme dans Capitale! … Il faut partir d’ici. Il faut partir... Viens avec moi, mon amour. Si tu m’aimes, viens avec moi...
L’HOMME ET LA FEMME ENSEMBLE:
Adieu Paris, triste scène,
Vieille capitale, lourde peine.
On s’en ira.
Loin des villes.
Loin des lumières.
On sortira.
Par la fenêtre.
Yann, décembre 2010, Nantes.
mercredi 22 décembre 2010
lundi 15 mars 2010
Retrouvailles
Et la pelouse refait surface. Qui l'avait oubliée? Sous la neige, cachée, elle était pourtant toujours là... Histoire de retrouvailles.
Yann, Mars 2010, Minneapolis.
Yann, Mars 2010, Minneapolis.
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mercredi 24 février 2010
Musique invisible
Il y a une petite puce qui sautille de toutes ses forces sur les touches du piano, mais la musique reste invisible, car le pianiste n'est pas venu ce soir.
Yann, Février 2010.
Yann, Février 2010.
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vendredi 19 février 2010
Bouquets d'empreintes
Des bouquets d'empreintes fleurissent la table noire et les ombres s'éparpillent au bout du doute avant de s'évanouir sur les rebords tranchants. Culpabilité en chute libre vers le ciel, sans dessus-dessous, blessée par les lames dérisoires du vague à l'âme. Mais il ne faut pas en rester là, ne pas boire la tasse, ne pas s'étouffer dans ce grand bol de liberté. Et continuer de tracer la route en zigzag, toujours plus longue, jusqu'au bout.
Yann. Février 2010.
Yann. Février 2010.
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jeudi 11 février 2010
Il y a des chevaux accrochés au mur...
Il y a des chevaux accrochés au murs, et une plume d'Indien.
Les chevaux prennent la parole chacun leur tour - ils sont bien élevés - et évoquent des souvenirs lointains. Avant le cadre, avant la peinture, avant le matin. Quand tout était déjà là mais qu'il n'y avait rien. C'était il y a bien longtemps... Ou peut-être demain. Car le temps galope.
Les chevaux sont vite dépassés, il ne reste que la plume.
Puis plus rien.
Yann. Février 2010.
Les chevaux prennent la parole chacun leur tour - ils sont bien élevés - et évoquent des souvenirs lointains. Avant le cadre, avant la peinture, avant le matin. Quand tout était déjà là mais qu'il n'y avait rien. C'était il y a bien longtemps... Ou peut-être demain. Car le temps galope.
Les chevaux sont vite dépassés, il ne reste que la plume.
Puis plus rien.
Yann. Février 2010.
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samedi 30 janvier 2010
L'histoire de Moi
(Non, pas moi mais lui, Moi). Moi est un petit être au caractère doux-amer, entre sucre d'orge et piment vert. Son corps est tordu comme de longues branches d'arbre battues par le vent d'ouest, et ses ongles mal vissés se décollent parfois du bout de ses doigts pointus, conséquence des trop longues années passées à gratter les murs de la cage des pensées. Mais voilà, lui c'est Moi, et aujourd'hui il a trouvé la clé. Alors il va falloir faire un choix, lui ou moi?
Yann. Janvier 2010.
Yann. Janvier 2010.
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mercredi 27 janvier 2010
La revanche du rêve
Je ne rêve plus,
Je ne dors plus,
Fini les princesses Esméralda
et les grenouilles en chocolat,
Fini les histoires d'amour toujours,
et les chansons de troubadours
Fini tes lèvres de fraise des bois
et tes soupirs d'émois, et moi,
Je ne rêve plus
Je ne dors plus...
et plus je vis
et plus je rêve.
Yann, Janvier 2010.
Je ne dors plus,
Fini les princesses Esméralda
et les grenouilles en chocolat,
Fini les histoires d'amour toujours,
et les chansons de troubadours
Fini tes lèvres de fraise des bois
et tes soupirs d'émois, et moi,
Je ne rêve plus
Je ne dors plus...
et plus je vis
et plus je rêve.
Yann, Janvier 2010.
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